Projet de mise à l'échelle d'aménagements hydro agricoles avec des…

Projet de mise à l’échelle d’aménagements hydro agricoles avec des pratiques d’agriculture intelligente, résilientes aux changements climatiques  au Niger

Le projet concerne les régions d’Agadez, Diffa, Maradi, Tahoua et Zinder pour une superficie de 1000 ha de nouveaux aménagements et 500 ha de réhabilitation d’anciens aménagements. Les sites ciblés dans les régions d’intervention sont :

Diffa (3 sites) : Digargo, Dassa et Cheri ; Maradi (7 sites) : Korahane, Douman Gada, Gabi Tajaé, Guidan Chérifi, Foura Guirké et Magadi et le périmètre irrigué de Djirataoua ; Zinder (7 sites) : Angoual Malam Jataou, Kantché, Gazoura, Guirari, Gwabron Majé, Gayi Riga et Babban Shemé ; Agadez (4 sites) : Agor, Téchillé, Elmeki-Aoudéras et Tchintaborak ; Tahoua (3 sites) : Tsaouna, Karofane et vallée de Boussaragué


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Contexte du projet

Le Niger a un climat de type semi-aride caractérisé par une variabilité interannuelle, avec des difficultés majeures liées pour l’essentiel à la rigueur pluviothermique du climat et les phénomènes climatiques extrêmes qui ont pris de l’ampleur ces dernières décennies. La tendance des températures est à la hausse et semble s’accompagner d’une diminution significative de la fréquence des jours froids et d’une augmentation des jours très chauds. A partir des années 1990, les températures minimales annuelles sont devenues supérieures à 9°C et ont atteint 10°C au cours de la décennie 2001- 2010 au niveau de la station de Mainé Soroa, pris en exemple.  On assiste à des variabilités interannuelles très marquées qui vont en dents de scie donnant l’impression d’un affolement du climat dans le pays. L’alternance de 7 ans en moyenne des années déficitaires et excédentaires durant la période de 1960 à 1987 est passée à 1 ou 2 années pour la période de 1987 à 2012. Cette évolution a continué ces dernières années sous l’effet des changements climatiques.

A l’inverse, on note une baisse de la pluviométrie qui s’est traduite par une migration des isohyètes vers le Sud. L’isohyète de 600 mm qui était au Nord de Niamey dans les années 1950-1967 se retrouve complètement au sud de Dosso après environ deux décennies. L’isohyète de 800 mm a complètement disparu de la carte du Niger vers 1995. Les averses, de plus en plus fréquentes, se sont intensifiées provoquant des inondations avec des multiples conséquences sur la vie des populations et leurs moyens de subsistance. En plus des pertes en vies humaines, les inondations engendrent d’énormes pertes économiques avec des dommages chiffrés à plusieurs dizaines de milliards de Francs CFA (PA-SRRC 2015).

Le secteur le plus affecté par le changement climatique est l’agriculture qui constitue la principale source de revenus et de moyens de subsistance pour plus de 87% de la population. Par conséquent, la sécurité alimentaire n’est pas assurée et la pauvreté ainsi que la malnutrition gagnent du terrain. Le rapport de l’enquête conjointe sur la vulnérabilité à l’insécurité alimentaire des ménages au Niger (octobre-novembre 2018) indique qu’en milieu rural, 29,1% des populations sont classées « à risque » et 12,4% sont en insécurité alimentaire. Ces données comparées à celles de 2015, révèlent que la situation continue de se détériorer. Par exemple pour les personnes en insécurité alimentaire sévère, le taux est passé de 1,1% en 2015 à 2,8% en 2018, soit une hausse de 154%. Sur la même période, la population en sécurité alimentaire a diminué de 3,3% et la population à risque d’insécurité alimentaire est passée de 25,8% à 29,1%. Ce qui a eu des incidences sur les personnes en sécurité alimentaire dont le taux est passé de 61,8%[1] en 2015 à 58,5% de population en 2018, soit une baisse de 3,3%.

Sur les Aménagements hydro-agricoles (AHA) ciblés par le présent projet, outre les sécheresses et les inondations très fréquentes, on observe un phénomène d’ensablement des canaux d’irrigation qui sont le plus souvent à ciel ouvert. Cet ensablement empêche la circulation de l’eau pour irriguer les parcelles et isole ainsi certaines parties des périmètres qui se retrouvent sans eau. Ces phénomènes d’inondations spontanées, de poches de sécheresses sévères et d’ensablement entravent une mise en valeur adéquate des aménagements hydro agricoles et occasionnent des pertes d’investissement et de production. Suite à ces problèmes, seulement 70 AHA sur 87 développés, ont été opérationnels en 2014. En 2015 sur 8704 ha mis en valeur, les récoltes ont pu se faire sur 6998 ha, avec une perte de 1706 ha, représentant 1,381 milliards de FCFA perdus lors de cette campagne agricole (ONAHA, 2015), soit un taux de déperdition d’environ 20%.

[1] This survey was conducted by the General Directorate of INS Niger, the Government of Niger, the Services of early warning and prevention of disasters, the World Food Program (WFP), the United Nations program for development (UNDP), Food and Agriculture Organization of the United Nations (FAO), the Save the Children, and the FEWS NET.

Objectifs du projet

Le présent projet, d’un coût total de 49,98 millions USD, se propose de développer des AHA avec des techniques d’agriculture intelligente face au climat pour assurer l’adaptation des populations agricoles aux effets néfastes des changements climatiques, l’atténuation des gaz à effet de serre ainsi que l’amélioration de la production et des revenus des agriculteurs et de leurs ménages. Au total 1000 ha de nouveaux AHA seront aménagés et 749 ha d’anciens AHA seront réhabilités. Les périmètres seront développés et aménagés avec des techniques résilientes aux effets néfastes des changements climatiques, une maitrise économe et totale de l’eau avec dont l’exhaure est assurée par l’énergie solaire (à la place des centrales thermiques habituellement utilisées) et les capacités techniques et organisationnelles des parties prenantes seront renforcées pour la promotion des pratiques agricoles résilientes au climat et une mise en valeur durable des AHA. Le projet est structuré en trois (03) composantes : (i) Aménagement et réhabilitation durables des périmètres vulnérables aux effets néfastes des changements climatiques; (ii) Appui à la mise en valeur des périmètres aménagés et réhabilités ; (iii) Développement des capacités techniques et organisationnelles des parties prenantes pour la promotion des pratiques agricoles résilientes au climat.

Bénéficiaires

Le nombre de bénéficiaires directs est de 121 146 personnes. Le projet permettra de réduire les émissions de GES de l’ordre de 160.650 t CO2e  et rendra disponible chaque année au moins 7 463 tonnes d’équivalent céréalier pour soutenir la sécurité alimentaire.

Composantes du projet

Le projet est structuré autour de trois composantes : i) Aménagement et réhabilitation durables des périmètres vulnérables aux effets néfastes des changements climatiques ; ii) Appui à la mise en valeur des périmètres aménagés et réhabilités; iii) Développement des capacités techniques et organisationnelles des parties prenantes pour la promotion des pratiques agricoles résilientes au climat.

Composante 1 : Aménagement et réhabilitation durables des périmètres vulnérables aux effets néfastes des changements climatiques : Cette composante vise à aménager de nouveaux périmètres hydro-agricoles et de conforter les anciens périmètres hydroagricoles victimes des effets néfastes du changement climatique. Ainsi à travers cette composante des actions visant à assurer la mise en valeur durable des AHA seront entreprises. Deux résultats sont attendus dans la mise en œuvre de cette composante : (i) les périmètres sont développés avec des techniques résilientes aux effets néfastes des changements climatiques ; (ii) les périmètres sont développés avec une maitrise totale de l’eau et un système d’énergie propre.

Composante 2 : Appui à la mise en valeur durable des périmètres aménagés et réhabilités: Cette composante vise à garantir l’exploitation rationnelle des périmètres aménagés ou réhabilités pour soutenir l’accroissement durable de la productivité agricole et des revenus des exploitants des périmètres irrigués. Elle renferme des actions qui permettront de valoriser les investissements physiques prévus par la composante 1 « aménagement des périmètres avec des techniques résilientes aux effets néfastes des changements climatiques ». Elle sera par ailleurs consolidée par les activités de la composante 3 « renforcement des capacités techniques pour la promotion d’une agriculture résiliente au climat ».

Composante 3 : Développement des capacités techniques et organisationnelles des parties prenantes pour la promotion des pratiques agricoles résilientes au climat: Cette composante vise à renforcer les capacités des services techniques et des producteurs sur les techniques résilientes aux effets néfastes des changements climatiques afin de faciliter la mise en œuvre du projet, de son appropriation et de sa durabilité. Trois résultats sont attendus dans la mise en œuvre de cette composante.

Financement du projet

La Banque ouest africaine de développement (BOAD) est l’entité accréditée dans le cadre de ce projet. En tant qu’Entité d’implémentation du projet, la Banque signera un accord de don avec le GCF au profit de la République du Niger. En tant que cofinancier, elle approuvera un prêt pour le cofinancement du projet. Dans ses deux rôles d’entité d’implémentation et de cofinancier, elle signera un accord de don et de prêt avec le gouvernement du Niger représenté par le Ministère du plan.

Pour l’implémentation du projet, la BOAD servira d’interface entre le GCF et le Gouvernement du Niger représenté par le Ministère de l’Agriculture, lui-même représenté par l’Entité d’exécution (l’ONAHA) et l’Unité de gestion du projet (DGGR).

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